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UC Berkeley, avril 2024, CC-BY-4.0 Hagit Caspi

Je suis actuellement Professeure de sociologie à l’Université Paris-Dauphine (Université PSL), membre du laboratoire IRISSO et depuis 2023 membre senior de l’Institut Universitaire de France.

Je m’intéresse aux dimensions économiques et juridiques de la famille: transmissions patrimoniales, séparations conjugales, organisation des économies domestiques, division du travail entre conjoint·es, etc. Ma recherche actuelle porte sur le genre et l’accumulation du patrimoine en Europe et, particulièrement, la richesse des femmes.

Dans Le genre du capital. Comment la famille reproduit les inégalités, paru à La Découverte en 2020 (nouvelle édition de poche en 2022), Sibylle Gollac et moi avons enquêté sur les calculs, les partages et les conflits qui ont lieu au moment des séparations conjugales et des héritages, avec le concours des professionnel·les du droit. Le livre explique pourquoi, malgré un droit formellement égalitaire, les inégalités de richesses entre hommes et femmes s’accentuent et comment la société de classes se reproduit grâce à l’appropriation masculine du capital. Notre livre a été adapté en BD, avec Jeanne Puchol, aux éditions Delcourt / La Découverte (mai 2023) et a reçu le prix des lycéen·nes/Lire l’économie, catégorie BD 2023. Une édition internationale, en anglais, a été publiée par Harvard University Press en 2023 qui a reçu le Ownershift Prize in Honor of Claudia Goldin 2024. Le livre a été aussi traduit en coréen (Book 21), en chinois (Shanghai People’s Publishing House) et en japonais (Misuzu Shobo).

J’ai coordonné récemment deux numéros de revue avec Maude Pugliese (INRS Montreal) : un numéro spécial d’Enfances, familles et générations sur le thème “Le patrimoine: une affaire de famille” (n°46, 2024) ainsi qu’un numéro spécial de Socio-Economic Review sur le thème “Gender and Wealth Accumulation: an International Perspective” (Volume 23, Issue 2, April 2025).

En 2026, paraîtra un numéro spécial pour British Journal of Sociology sur le thème “Families and Wealth”, que j’ai coordonné avec Katie Higgins et Hanna Kuusela. L’introduction est ici. Les articles écrits par Jens Beckert & Isabell Stamm; Cassandra Cotton & Raphaël Charron‐Chénier; Julia Cook; Shamus Khan, Max Besbris & Estela Diaz; Annette Lareau; Ye Liu; Héritier Mésa & Joël Noret et Shay O’Brien sont tous parus en ligne (section early view de BJS) avant d’être rassemblés dans le numéro spécial.

En 2026-2027, je coordonne avec Maude Pugliese et Sibylle Gollac trois numéros de la revue en ligne Economic Sociology. Perspectives and Conversations, édité par le Max Planck Institute. Nous avons choisi comme thématique d’ensemble de la série “Wealth isn’t just for the rich!”, pour souligner combien les enjeux de patrimoine ne doivent pas être réservés à l’étude des classes supérieures les plus fortunées mais concernent toutes les classes sociales. Le premier numéro paraîtra à l’automne 2026 et portera sur les pensions de retraite. Il sera suivi d’un numéro sur l’endettement et la pauvreté au printemps 2027 et d’un numéro sur les enjeux de logement à l’été 2027.

Je signale aussi la parution récente de cette note critique de lecture dans Les Annales, Histoire, Sciences Sociales, en 2026: « Intimité, conjugalité, sexualité (France, XIXe-XXe siècles) où je propose la lecture des livres de Claire-Lise Gaillard et d’Aïcha Limbada ainsi que de la thèse de Pauline Mortas, portant respectivement sur le marché de la rencontre, la nuit de noces et le marché des objets utilisés dans le cadre de la sexualité dans la France du XIXe et du début du XXe siècle. Je souligne les apports d’une approche féministe matérialiste pour explorer le façonnement historique des intimités conjugales et hétérosexuelles, qui informent nos imaginaires collectifs contemporains.

En octobre 2024, j’ai participé à la conférence de rentrée Genre et Sciences du Collège de France. Ma communication était intitulée : “Le privé est économique: 50 ans d’études féministes sur la famille et les inégalités”. La captation audio est ici; le texte .

Entre 2008 et 2019, j’ai participé à une vaste enquête collective sur le traitement judiciaire des séparations conjugales en France et au Québec. Dans ce cadre, j’ai participé au collectif Onze qui a publié Au tribunal des couples. Enquête sur des affaires familiales (Odile Jacob, 2013). Ce livre a été adapté en BD par Baptiste Virot (Casterman, 2020). Avec Muriel Mille et Gabrielle Schütz, nous avons publié un article tiré d’une partie de cette recherche dans les cabinets d’avocat·es spécialisés en droit de la famille, dans Law and Society Review: “Putting the Client to Work: Power Dynamics in the Family Lawyer-Client Relationship” (58/4, 2024). L’article est en open access: ici

Mes autres travaux de recherche ont porté sur l’indépendance professionnelle, les entreprises familiales, particulièrement dans le secteur agricole. Dans ma thèse de doctorat, j’ai étudié les transmissions familiales des exploitations viticoles de Cognac.

Au travers de mes activités d’enseignement et de recherche, je m’intéresse également aux études sur le genre, à la sociologie de la famille, à la sociologie du travail et à la méthodologie de la recherche en sciences sociales. Si vous cliquez sur ces liens vous trouverez quelques syllabus récents d’enseignements et publications.

Ces dernières années, l’encadrement doctoral m’a bien occupée ! La liste des thèses que j’ai accompagnées, soutenues et en cours est ici.

En 2016-2017, j’ai été membre de la School of Social Science à l’Institute for Advanced Study à Princeton. En 2022, j’ai été chercheuse invitée à Humboldt Universität zu Berlin. En 2024, j’ai été professeure invitée à l’Institute of French Studies à New York University (janvier-mars), à l’Universidad Nacional de San Martin à Buenos Aires (août) et à l’Université Libre de Bruxelles (novembre 2024 et avril 2025).

Je suis actuellement membre du comité scientifique de Economie et Statistique et membre du comité éditorial de Socio-Economic Review.